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Gilles21
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Re: Durabilité d'un vannage en chêne.

Message par Gilles21 »

Bonjour
@ Platbrood F
Dans votre message du 15 juin, sur l'avant dernière photo, on aperçoit une pelle de vanne neuve réalisée en bois. Des montants latéraux sont boulonnés perpendiculairement de part et d'autre de la pelle dans le but de rigidifier le montage je pense. Hors, quelquefois le mieux est l'ennemi du bien et ayant fait la même chose sur la première vanne que j'ai réalisé, j'ai eu la mauvaise surprise au bout de quelque temps de ne plus pouvoir manoeuvrer la pelle, car celle-çi, une fois retirée avec toutes les peines du monde, avait pris une très belle forme de demi cintre. Il y avait bien 4 ou 5 cm de flèche pour une hauteur de pelle de 1.7 m.
A bien y réfléchir, c'est un phénomène normal, le bois immergé gonfle perpendiculairement aux fibres mais ne bouge pratiquement pas dans le sens longitudinal.
Donc, bridée par les montants, la pelle prend de très jolies formes, tout à fait inattendues.
Si l'on recherche l'effet artistique à tout prix, c'est gagné mais bonjour les suées sur le cric de vanne.
Ceci n'est qu'une réflexion issue d'une expérience malheureuse, ce n'est pas parole d'évangile mais de Gilles tout court bien sûr.
Cordialement
Gilles 21
Gilles 21
platbrood f

Re: Durabilité d'un vannage en chêne.

Message par platbrood f »

Bonjour,
D'accord avec vous, le problème, c'est une rénovation ancienne qui se fait sous le contrôle des Monuments et des sites et qui sera problablement financée en partie par des fonds publiques.
On verra plus tard.......
Comme la production des énergies renouvelables est devenue une priorité de notre Gouvernement RW et qu'une loi oblige le gestionnaire du réseau à adapter celui-ci à ses frais pour la remise sur le réseau , c'est pas le travail qui manque avec les nombreuses installations du photovoltaïque.
Le voltage dépassant souvent 252 V.
Tout le monde est gagnant surtout les petits producteurs d'électricité.
PF
Gilles21
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Re: Durabilité d'un vannage en chêne.

Message par Gilles21 »

Bonjour
Fernand a écrit :
" Tout le monde est gagnant surtout les petits producteurs d'électricité "
Heureux pays :roll:

Gilles 21
Gilles 21
caruel gilles
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ouverture raisonnée des vannes

Message par caruel gilles »

Bonjour à tous,

Ce sujet de l'ouverture raisonnée des vannages à la place des passes à poissons est défendue par l'association MFE, dont je suis membre.
A l'occasion de l'étude sur la restauration de la continuité écologique de mon barrage, j'avais donc posé la question au cabinet d'étude, afin d'être en phase avec l'association .Voici quelques données de leur réponse.

Les données à prendre en compte sont issues des ouvrages de référence ci-après: CSP 1995 et CSP - CEMAGREF, CHAAPPE, 12/2006.

Il faut tenir compte:
- de la population de poissons concernés, et de leur taille, dans mon cas, truites, ombres et anguilles.
- des époques de migrations, néanmoins la possibilté de franchir doit être permanente.
- de la longueur, la largeur, la pente et la rugosité du radier à franchir, dans mon cas: 6,5 m, 4 m, 4,3%, K=50.
- des débits, selon les époques.
- de la hauteut d'eau sur le radier, vannes ouvertes
- de la vitesse d'écoulement de l'eau suivant les débits
- de la température de l'eau.
- des vitesses de franchissement par espèce;
- ect..

Avec tous ces éléments, le temps de franchissement est calculé pour les différents débits et pour différentes vitesses de pointe des poissons, et des graphiques sont synthétisés.

Dans mon cas, il apparaît au cabinet d'étude que cette façon de procéder n'est pas souhaitable.

Il y aurait lieu ensuite d' étudier d'autres paramêtres:
- la périodicité de ces ouvertures de vannes, plusieurs fois par jour, ou par semaine ou par mois ?
- leur époque, permanente ou seulement pendant les périodes de migrations ?
- la perte de production d'électricité due à ces ouvertures, sachant que l'ouverture comme la fermeture des vannes doit être lente et progressive afin de ne pas perturber le milieux.

Bien entendu c'est à chaque installation de choisir, à condition que l'étude soit favorable. dans mon cas elle ne l'a pas été.

Je continu à ma demander comment ont fait les poissons depuis 800 ans pour migrer, alors qu'ils ne connaissaient pas les ouvrages de référence ? J'ai posé la question au cabinet d'études, à l'ONEMA et à la police de l'eau, je n'ai pas eu de réponse.

J'espère que mon exemple servira à faire avancer cette noble cause.

Bien cordialement
Gilles CARUEL
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dB-)
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Re: ouverture raisonnée des vannes

Message par dB-) »

Bonjour,

au cours des derniers siècles, les poissons ignoraient toutes ces notions d'époques de migrations, de dimensions et rugosité du radier à franchir, débits, hauteur d'eau, vitesse d'écoulement et température de l'eau, etc.. Ils ignoraient même le logiciel Cassiopée de l'Onema ! Comment ont-ils pu survivre dans une telle ignorance ? C'est un mystère. Quand il y avait un obstacle, même d'un mètre ou deux, ils prenaient un peu d'élan et ils sautaient !

Mais depuis, ils ont appris tout ça les malins ! Ils sont donc devenus beaucoup plus exigeants et n'ont plus envie de se fatiguer à remuer la queue (...) ! Les différents organismes hautement spécialisés, qui ont la chance de pouvoir leur parler à l'oreille, et ensuite décoder leurs réponses en langage "bloubs bloubs", ont simplement recueilli leurs nouvelles exigences ! C.Q.F.D. :D

Entre nous, je continue à penser que la pollution est le principal problème des rivières : un 7ème continent de déchets plastiques est en train de se former dans le Pacifique ... Adieu le bon sens et le simple respect de la nature, voilà les experts et les organismes qui vont nous dire ce qu'il faut faire. Le bateau coule, l'orchestre joue, tout va bien !

dB-)
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Re: ouverture raisonnée des vannes

Message par CF21 »

caruel gilles a écrit :(...)
Je continu à ma demander comment ont fait les poissons depuis 800 ans pour migrer, alors qu'ils ne connaissaient pas les ouvrages de référence ? J'ai posé la question au cabinet d'études, à l'ONEMA et à la police de l'eau, je n'ai pas eu de réponse.
Bonjour,

En me faisant l'avocat du diable, je vous dirais : justement, l'Onema (ex-CSP), l'Irstea (ex-Cemagref) et compagnie vous répondent que la présence d'obstacles a participé à la raréfaction pluriséculaire de certaines espèces en raison de la fragmentation de leur habitat ou de l'entrave physique à leur cycle de vie (pour les grands migrateurs).

Mais... ce point est posé d'un point de vue théorique, sans mesure empirique, car je ne connais aucun suivi à long terme des populations piscicoles du Moyen Âge à nos jours! Dans mon coin (Armançon dans l'Auxois), un historien ayant étudié les marchés de la fin du Moyen Âge n'a par exemple trouvé aucune trace d'ombres ou truites voici quelques siècles, mais les espèces présentes aujourd'hui (surtout carpes, brochets, perches et anguilles).

Pour ce qui est de l'ouverture raisonnée des vannes, je suppose que cette solution n'est pas favorisée par l'Onema & Cie. Dans leurs textes, je vois en général deux options : effacement si possible (solution largement favorisée et subventionnée), dispositif de franchissement (rampes ou passes) dans le "pire" des cas... et c'est tout, ils ne paraissent pas envisager que l'on conserve les ouvrages hydrauliques dans leur état fonctionnel actuel (même pour ceux qui sont bien entretenus, je ne parle pas de ceux qui sont à l'abandon ou sans aucune manoeuvre de la part du propriétaire).

Bonne journée.
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Re: ouverture raisonnée des vannes

Message par CF21 »

dB-) a écrit : Entre nous, je continue à penser que la pollution est le principal problème des rivières : un 7ème continent de déchets plastiques est en train de se former dans le Pacifique ...
dB-)
Bonjour,

Je le pense aussi... mais pour information, je vous restitue ici ce que m'a répondu le responsable Seine-Amont de l'Agence de l'eau Seine-Normandie, quand je lui ai fait cette objection. En substance : "Nous avons sur notre bassin S-N un budget de 1 milliard d'euros, 60% sont consacrés à la lutte contre la pollution et moins de 10% à la continuité écologique. Donc vous voyez, nous pensons aussi que la pollution est le principal problème et nous proportionnons nos moyens en ce sens".

Comme le SAGE du bassin versant local (Armançon et affluents) constatait, dans son diagnostic environnemental, que les pollutions étaient toujours un problème et que les eaux n'étaient pas en bon état chimique, cela a permis de répondre que les 60% n'étaient visiblement pas suffisants et qu'avant de dépenser de l'argent à détruire le patrimoine, il fallait d'abord en dépenser davantage que l'eau soit propre. Sinon, c'est la circulation des... poisons :?

Mais bon, c'était juste pour signaler le type d'arguments opposés aux propriétaires d'ouvrages ou aux associations par les "officiels" de l'eau.

Bonne journée.
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Re: ouverture raisonnée des vannes

Message par MHEC »

Bonsoir,
- la périodicité de ces ouvertures de vannes, plusieurs fois par jour, ou par semaine ou par mois ?
- la perte de production d'électricité due à ces ouvertures,
A mon humble avis, ce serait catastrophique pendant la période de production hivernale surtout en H07 et risque de mettre en difficulté les Usiniers à rembourser leurs dettes de plus, vu la pression élevée d’une ou des vannes levées, je ne pense pas que la montaison du poisson soit très efficace si il n’y a pas de ralentisseur donc, ce n’est pas une très bonne idée de lever les vannes de décharge périodiquement sans oublier l'effet d'éclusé pour la ou les centrales situées en aval ! :(

Par contre, la passe à poissons qui utilise en principe le débit réservé serait, à court terme, beaucoup plus rentable surtout qu’elle est subventionnée à 60% par les Agences de bassin et bien sûr, beaucoup plus efficace concernant la montaison et la dévalaison du poisson de plus, ne créé pas de rupture du débit en aval afin de ne pas détruire les frayères c’est pour cela que l’ONEMA préfère cette solution.

Je vous laisse méditer.

Bonne nuit.

PV ;)
Microcentrale HydroElectrique de Chappes
Turbine Kaplan double réglage THEE : 10 m3/s / 2,80 m - 145 t/mn - Ø roue 1,80 m.
Génératrice: ABB de 220 kW, Multiplicateur: HANSEN, Production: 1 000 MWh/an.

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Site web: Moulin de Chappes.com
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Re: ouverture raisonnée des vannes

Message par MHEC »

Bonjour à tous,
Je continu à ma demander comment ont fait les poissons depuis 800 ans pour migrer, alors qu'ils ne connaissaient pas les ouvrages de référence ? J'ai posé la question au cabinet d'études, à l'ONEMA et à la police de l'eau, je n'ai pas eu de réponse.
La réponse est dans la photo ci-dessous :
La seine_en_crue.JPG
Pendant les périodes de crue, les déversoirs (ou seuils) de nos moulins s’effacent complètement, la chute est quasiment nulle et le poisson migrateur peut, sans aucun problème remonter les cours d’eau.

Bonne journée.

PV ;)
Vous n’avez pas les permissions nécessaires pour voir les fichiers joints à ce message.
Microcentrale HydroElectrique de Chappes
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Ticapix

Re: ouverture raisonnée des vannes

Message par Ticapix »

Bonsoir,

Pour rester dans la sémantique, encore plus que le mot "barrage", le terme "migrateur" me semble le plus souvent mal employé.

En effet par espèces migratrices on entend les espèces dont le cycle de vie naturel ne peut s'accomplir qu'après une migration, ex les anguilles, Mer des Sargasse => Europe.
Sans ce cycle et ces voyages, l'espèce s'éteint ou presque.

Or dans la plupart de nos rivières on ne trouve bien souvent que du poisson blanc et la mythique Fario ou encore l'Omble. Or ces espèces ne sont pas migratrices, elles sont comme nous, elles peuvent vivre, se développer, se reproduire et enfin mourir de leur belle mort au même endroit ou presque à condition d'échapper aux pécheurs !
L'homme se déplace au même titre que la Fario, mais n'a pas besoin de cela pour survivre. Par exemple il y a 30 ans, le fait que la guerre froide ne permettait pas de voyager librement en Europe, n'a pas entrainé l'extinction de l'homme, on peut même penser, que l'ouverture des frontières un peu comme les passes ont au contraire favorisé la dispersion de certaines maladies => je connais d'ailleurs un exemple ( perso) où les services vétérinaires ont demandé la fermeture de la passe pour éviter la propagation d'une maladie virale touchant les truites..........

On parle alors non pas de dispositifs pour poissons migrateurs, mais de passe de franchissement. Et c'est là que ça coince, car quel est l'impact et l'utilité réelle, scientifiquement prouvé de ces passes sur ces espèces NON MIGRATRICES qui n'en n'ont pas besoin !
Je pense en revanche que ces espèces ont surtout besoin d'eau propre, non eutrophysée, pas de passe ! Mais c'est tellement plus facile de pointer du doigt un seuil d'un mètre de haut plutôt que de remettre en question toute la filière de l'eau !

Alors je vous en prie chaque fois, qu'un agent vous parlera de passe à poissons migrateurs, faites lui préciser le type d'espèce visé par ses propose demander lui de vous expliquer les bénéfices attendus sur le barbot par exemple ?

Cdt

TG
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