Bonjour,
Merci Gilles de ce témoignage.
C'est épatant, si je résume :
"la pollution étant le principal problème, nous supprimons les ouvrages". Au pays de Descartes, cela laisse rêveur.
A dire vrai, ce n'est pas la seule anomalie, tant s'en faut. Nous savons tous que les premières opérations de continuité écologique ont commencé dans la décennie 2000. Or surprise, l'Onema reconnaît que les vraies mesures systématiques des effets écologiques des obstacles à l'écoulement ont débuté en 2010, avec un premier test de protocole ICE par département :
http://www.onema.fr/Evaluer-les-impacts-ecologiques
Et encore le protocole est-il loin d'être généralisé et "stabilisé", à ce qu'il semble.
Donc en fait, tous les documents officiels antérieurs (qui garantissaient déjà que les ouvrages étaient le problème n°1 des rivières) étaient fondés sur des études partielles et incomplètes, sans méthodologie rigoureuse, etc.
Quand on avance une conclusion avant même d'avoir procédé à la mesure, au calcul, et à la reproduction du calcul à différentes conditions initiales, cela ne s'appelle pas de la science. Mais de la croyance.
Loin de moi l'idée que la continuité écologique n'est pas un enjeu réel – cela fait très longtemps que la fragmentation de l'habitat est identifiée comme stress sur les populations, dans la littérature scientifique. Mais la manière dont cette continuité écologique est menée en France n'est tout pas simplement pas acceptable. Aussi ne sera-t-elle pas acceptée, en l'état de ses méthodes et de ses rapports aux propriétaires.