Re: Présentations, nouveaux membres, contacts
Publié : 17 août 2026, 19:18
Bonjour à tous, et un grand merci pour toutes les informations que vous partagez sur ce forum.
Je vous lis depuis plusieurs mois car, avec ma compagne, nous avons acheté en 2024 les terres et les vestiges d'une ancienne installation hydraulique dans la Loire (42) sur la rivière le Bororet.
Depuis la finalisation de l'achat chez le notaire, nous sommes régulièrement sollicités et menacé par la DDT et le syndicat de rivière (SYMISOA) concernant l'ouvrage présent sur la propriété, et j'avoue avoir aujourd'hui beaucoup de mal à savoir exactement quels sont mes droits et mes obligations.
Historique du site
Il s'agit d'un site hydraulique très ancien, plusieurs documents mentionnent une carderie.
J'ai retrouvé aux archives plusieurs documents du XIXe siècle, notamment :
une statistique hydraulique de 1858 ;
un rapport de l'ingénieur des Ponts et Chaussées ;
un arrêté préfectoral de 1858 ;
différents documents relatifs à la réglementation de l'usine.
Un document de 1858 indique notamment que l'usine existe « depuis un temps immémorial ».
Les caractéristiques indiquées à l'époque sont approximativement :
chute : 3,74 m ;
débit moyen utilisé : environ 20 l/s ;
puissance : environ 1 CV.
Il reste aujourd'hui sur le terrain une bonne partie des ouvrages : barrage/digue, seuil et déversoir maçonné, ancienne prise d'eau, conduite d'amenée d'environ 50 cm de diamètre sur 100m de long, chambre de mise en charge et restitution.
L'installation n'est cependant plus en état de fonctionner telle quelle : certains éléments sont dégradés notament les conduites et il n'y a évidemment plus de turbine en fonctionnement actuellement.
Le problème avec la continuité écologique
L'ouvrage est aujourd'hui répertorié au ROE et nous sommes en liste 1 et 2.
La particularité importante du site est que le déversoir se trouve immédiatement au sommet d'une cascade naturelle de plus de 3 mètres de hauteur.
Au sommet de cette cascade nous avons une digue de 50m de long et un ancien étang de 4000m2 sur lequel nous avons une prise d'eau qui alimentais la conduite forcée.
À mes yeux, et d'après ce que l'on peut observer sur place, cette cascade constitue déjà naturellement un obstacle à la montaison des poissons, indépendamment du barrage.
L'espèce cible retenue par les études est principalement la truite fario mais ils veulent aussi imposer le chabot et le lamproie même si les études piscicole disent que historiquement il n'y en a pas, une étude dit également que le cloisonnement n'est pas un problème que des truites sont présente en grand nombre en aval et en amont et que toutes les habitats sont saturé.
Le syndicat de rivière avait précédemment étudié une solution dans un AVP allant jusqu'à l'effacement de l'ouvrage, pour un montant annoncé de plusieurs centaines de milliers d'euros.
La DDT me demande aujourd'hui de traiter notamment :
la montaison ;
la dévalaison ;
le transit sédimentaire.
Le point que j'ai beaucoup de mal à comprendre est l'intérêt d'imposer une solution de montaison au niveau de l'ouvrage si au même niveau, la cascade naturelle est elle-même infranchissable.
La solution de contournement demandée
À la suite d'un arreté préfectoral et de mise en demeure et sous la menace d'une astreinte journalière, il m'a été demandé de proposer une solution.
J'ai donc travaillé sur un projet de rivière de contournement permettant de contourner à la fois le barrage et la cascade, avec un chenal d'environ 170 m, une pente faible et plusieurs radiers/seuils.
La DDT vient cependant de me répondre que mon simple « porter à connaissance » n'est pas suffisant et que je devais me rapprocher de la Symisoa car la destruction est le meilleur choix sans quoi j'aurais des poursuites judiciaires.
Je me retrouve donc dans une situation compliqué : j'ai proposé cette solution principalement parce qu'on m'imposait de proposer quelque chose, mais au final il faut accepter la destruction sans quoi j'aurais des poursuites.
Je préférerais donc avant toute chose déterminer si cette obligation de restaurer la montaison est réellement justifiée compte tenu de la cascade naturelle existante.
Droit d'eau / fondé en titre
En parallèle, je cherche également à déterminer le statut juridique historique exact de l'installation.
Le document de 1858 précisant que l'usine existe « depuis un temps immémorial » me paraît intéressant, mais je comprends qu'il faut généralement démontrer une existence antérieure à l'abolition des droits féodaux pour pouvoir revendiquer un droit fondé en titre.
Je poursuis donc actuellement mes recherches dans les archives anciennes.
Mes questions
Si certains d'entre vous ont déjà rencontré une situation comparable, je serais vraiment intéressé par vos avis, notamment sur les points suivants :
Une administration peut-elle imposer une passe à poissons ou un contournement lorsque l'obstacle est situé au niveau d'une cascade naturelle elle-même infranchissable ?
Existe-t-il des jurisprudences ou retours d'expérience concernant des ouvrages situés au sommet ou à proximité immédiate d'un obstacle naturel ?
Comment démontre-t-on sérieusement qu'une cascade était déjà naturellement infranchissable avant la construction de l'ouvrage ?
Concernant le fondé en titre, la mention par un ingénieur des Ponts et Chaussées en 1858 d'une existence « depuis un temps immémorial » constitue-t-elle un élément sérieux, même si elle ne suffit probablement pas à elle seule ?
Le fait qu'une partie des ouvrages hydrauliques soit encore présente mais que l'installation ne soit actuellement plus en état de produire peut-il entraîner la perte du droit d'eau ?
Enfin, face à une mise en demeure de la DDT, est-il préférable selon vous de faire intervenir rapidement un avocat spécialisé en droit de l'eau / hydroélectricité, ou existe-t-il des associations ou spécialistes de la petite hydroélectricité capables d'accompagner les propriétaires dans ce type de dossier ?
Je peux bien entendu communiquer les plans, documents d'archives de 1858, photos du site, étude du syndicat de rivière et courriers de la DDT si cela peut aider à comprendre le dossier.
Mon objectif n'est pas de refuser toute discussion avec l'administration, mais simplement d'éviter de me lancer dans des procédures sans être certain qu'ils soient techniquement, finacièrement et juridiquement justifiés.
Merci d'avance à ceux qui prendront le temps de me donner leur avis ou de partager une expérience similaire.
Je vous lis depuis plusieurs mois car, avec ma compagne, nous avons acheté en 2024 les terres et les vestiges d'une ancienne installation hydraulique dans la Loire (42) sur la rivière le Bororet.
Depuis la finalisation de l'achat chez le notaire, nous sommes régulièrement sollicités et menacé par la DDT et le syndicat de rivière (SYMISOA) concernant l'ouvrage présent sur la propriété, et j'avoue avoir aujourd'hui beaucoup de mal à savoir exactement quels sont mes droits et mes obligations.
Historique du site
Il s'agit d'un site hydraulique très ancien, plusieurs documents mentionnent une carderie.
J'ai retrouvé aux archives plusieurs documents du XIXe siècle, notamment :
une statistique hydraulique de 1858 ;
un rapport de l'ingénieur des Ponts et Chaussées ;
un arrêté préfectoral de 1858 ;
différents documents relatifs à la réglementation de l'usine.
Un document de 1858 indique notamment que l'usine existe « depuis un temps immémorial ».
Les caractéristiques indiquées à l'époque sont approximativement :
chute : 3,74 m ;
débit moyen utilisé : environ 20 l/s ;
puissance : environ 1 CV.
Il reste aujourd'hui sur le terrain une bonne partie des ouvrages : barrage/digue, seuil et déversoir maçonné, ancienne prise d'eau, conduite d'amenée d'environ 50 cm de diamètre sur 100m de long, chambre de mise en charge et restitution.
L'installation n'est cependant plus en état de fonctionner telle quelle : certains éléments sont dégradés notament les conduites et il n'y a évidemment plus de turbine en fonctionnement actuellement.
Le problème avec la continuité écologique
L'ouvrage est aujourd'hui répertorié au ROE et nous sommes en liste 1 et 2.
La particularité importante du site est que le déversoir se trouve immédiatement au sommet d'une cascade naturelle de plus de 3 mètres de hauteur.
Au sommet de cette cascade nous avons une digue de 50m de long et un ancien étang de 4000m2 sur lequel nous avons une prise d'eau qui alimentais la conduite forcée.
À mes yeux, et d'après ce que l'on peut observer sur place, cette cascade constitue déjà naturellement un obstacle à la montaison des poissons, indépendamment du barrage.
L'espèce cible retenue par les études est principalement la truite fario mais ils veulent aussi imposer le chabot et le lamproie même si les études piscicole disent que historiquement il n'y en a pas, une étude dit également que le cloisonnement n'est pas un problème que des truites sont présente en grand nombre en aval et en amont et que toutes les habitats sont saturé.
Le syndicat de rivière avait précédemment étudié une solution dans un AVP allant jusqu'à l'effacement de l'ouvrage, pour un montant annoncé de plusieurs centaines de milliers d'euros.
La DDT me demande aujourd'hui de traiter notamment :
la montaison ;
la dévalaison ;
le transit sédimentaire.
Le point que j'ai beaucoup de mal à comprendre est l'intérêt d'imposer une solution de montaison au niveau de l'ouvrage si au même niveau, la cascade naturelle est elle-même infranchissable.
La solution de contournement demandée
À la suite d'un arreté préfectoral et de mise en demeure et sous la menace d'une astreinte journalière, il m'a été demandé de proposer une solution.
J'ai donc travaillé sur un projet de rivière de contournement permettant de contourner à la fois le barrage et la cascade, avec un chenal d'environ 170 m, une pente faible et plusieurs radiers/seuils.
La DDT vient cependant de me répondre que mon simple « porter à connaissance » n'est pas suffisant et que je devais me rapprocher de la Symisoa car la destruction est le meilleur choix sans quoi j'aurais des poursuites judiciaires.
Je me retrouve donc dans une situation compliqué : j'ai proposé cette solution principalement parce qu'on m'imposait de proposer quelque chose, mais au final il faut accepter la destruction sans quoi j'aurais des poursuites.
Je préférerais donc avant toute chose déterminer si cette obligation de restaurer la montaison est réellement justifiée compte tenu de la cascade naturelle existante.
Droit d'eau / fondé en titre
En parallèle, je cherche également à déterminer le statut juridique historique exact de l'installation.
Le document de 1858 précisant que l'usine existe « depuis un temps immémorial » me paraît intéressant, mais je comprends qu'il faut généralement démontrer une existence antérieure à l'abolition des droits féodaux pour pouvoir revendiquer un droit fondé en titre.
Je poursuis donc actuellement mes recherches dans les archives anciennes.
Mes questions
Si certains d'entre vous ont déjà rencontré une situation comparable, je serais vraiment intéressé par vos avis, notamment sur les points suivants :
Une administration peut-elle imposer une passe à poissons ou un contournement lorsque l'obstacle est situé au niveau d'une cascade naturelle elle-même infranchissable ?
Existe-t-il des jurisprudences ou retours d'expérience concernant des ouvrages situés au sommet ou à proximité immédiate d'un obstacle naturel ?
Comment démontre-t-on sérieusement qu'une cascade était déjà naturellement infranchissable avant la construction de l'ouvrage ?
Concernant le fondé en titre, la mention par un ingénieur des Ponts et Chaussées en 1858 d'une existence « depuis un temps immémorial » constitue-t-elle un élément sérieux, même si elle ne suffit probablement pas à elle seule ?
Le fait qu'une partie des ouvrages hydrauliques soit encore présente mais que l'installation ne soit actuellement plus en état de produire peut-il entraîner la perte du droit d'eau ?
Enfin, face à une mise en demeure de la DDT, est-il préférable selon vous de faire intervenir rapidement un avocat spécialisé en droit de l'eau / hydroélectricité, ou existe-t-il des associations ou spécialistes de la petite hydroélectricité capables d'accompagner les propriétaires dans ce type de dossier ?
Je peux bien entendu communiquer les plans, documents d'archives de 1858, photos du site, étude du syndicat de rivière et courriers de la DDT si cela peut aider à comprendre le dossier.
Mon objectif n'est pas de refuser toute discussion avec l'administration, mais simplement d'éviter de me lancer dans des procédures sans être certain qu'ils soient techniquement, finacièrement et juridiquement justifiés.
Merci d'avance à ceux qui prendront le temps de me donner leur avis ou de partager une expérience similaire.