LES ROUES AU FIL DE L EAU

L'eau qui court dans une rivière a une certaine énergie 
Les premières roues utilisaient cette énergie , laquelle devient intéressante dans les courants rapides.


L'étude théorique ci après ne semble pas avoir été effectuée , à ma connaissance
Je serais reconnaissant à tout visiteur qui aurait des informations sur la question de me les communiquer 
Aussi l'étude que je vais décrire ci après est déduite de la logique hydraulique mais j'en assume seul la responsabilité sans garantie

ANALYSE AVEC LA FORMULE DE BETZ


La puissance récupérable théorique d'une eau qui s'écoule à la vitesse de 1 m/s est  de  500 watts/m2  .
En effet l'énergie cinétique par seconde de la veine d'eau est  P  =  1/2 * m *V^2 , m étant la masse par seconde
et comme m =
r*
m =
r* S * V 
P =1/2 *
r* S * V^3

 avec
r =1000 kg/m3 pour l'eau

P = 500 * S * V^3

Avec une hélice placée en travers du courant le résultat nous est donné par  la formule de Betz   ( éoliennes ) 

P = (8 / 27)  r * Sm  * V^3
Sm: section du moteur éolien
V  vent éloigné amont

et S = 1 m2 soit un diamètre de veine d'eau de 1.13 m.

Si on considère la veine amont :
P = (8 / 9) 
* (1/2 ) * r ** V^3
Il faut bien noter que S et V désignent des valeurs nettement en amont de la roue
Pour l'eau :

P = 444  ** V^3       watts    m2    m/s

c'est le max. de la puissance théorique

La section Sm balayée par la roue est plus grande que S et la vitesse dans la roue est plus petite que V  comme on le verra ci après

Compte tenu du rendement de l'hélice (env.  0.7) la formule devient

P =310  ** V^3       watts    m2    m/s

et si on remplace S par
p * (D^2)/4

P = 244   * D^2  * V^3       watts    m2    m/s

On trouve souvent dans les études un coefficient pratique de 200 au lieu de 244

La formule n'est applicable que si :
    La section est circulaire
    La veine est située en plein milieu de la section droite du canal ou rivière
    Les dimensions du cercle sont petites par rapport à cette  section droite
Remarquons que l'eau étant un fluide incompressible , la répartition des filets liquides sera moins rigoureuse que pour l'air .

Il faut une hélice bien tracée placée en travers du courant pour récupérer cette puissance non pas en totalité certes , mais en partie seulement toujours à cause du rendement qui se révèle comment ne dépassant pas 0.7

Comme on démontre que la vitesse dans la roue est les 2/3 de  la vitesse amont, le diamètre de roue serait de 1.13 * sqr(3/2)  soit 1.38  m. 
Si  la vitesse de 1m/s est la vitesse amont , dans la roue elle est donc plus faible et à l'aval elle n'est plus que le 1/3 de la vitesse amont
L'écoulement se rétablit ensuite  à l'aval grâce  à   ses dimensions  supposées en fait , infinies

Finalement la puissance sur l'arbre de l'hélice sera de 311 watts avec rendement 0.7
Avec 2m/s elle serait 8 fois plus grande : 2488 watts

D'une manière plus générale ,  la puissance recueillie sur l'hélice de diamètre D sera donnée pour l'eau par la formule approchée :

P=163  * D * D *V^3  en watts qui correspond à la formule de Betz affectée d'un coefficient de 0.7
soit encore 

P = 208 * S * V^3      watts    m2   m/s

 

PLAQUE  IMMERGEE  ET  POUSSEE

La plaque est   placée perpendiculairement au courant.

L'écoulement se fait avec une énorme turbulence à l'arrière de la plaque


La force exercée sur cette plaque maintenue dans un premier temps immobile est selon la formule qui s'applique aux obstacles dans les écoulements est , le nombre de Reynolds étant inévitablement élevé  :

F =1/2 *r * S * V *V * Cx
avec r
masse spécifique de l'eau = 1000 kg/m3
F en Newtons
S en m2
V en m/s
Cx pour une plaque plane carrée =1.2  d'ou :

F =600 * S * V *V 

Si la plaque recule à une vitesse v , la formule devient 
F =600 * S * (V-v)^2 

On peut imaginer le système mécanique suivant :
La plaque est montée sur un chariot et ce dernier roule sur des rails situées sur les 2 rives opposées du canal
Le chariot tire un câble , lequel monte une charge le long d’un pylône par l’intermédiaire de poulies de renvoi
Supposons H la longueur de montée qui est égale à celle de la traction.
La masse m qui doit être adaptée à la poussée a gagné une énergie égale à mgH
et l’opération a duré un temps i


L’énergie en joules sera
W=F*H   = 600 * S * (V-v)^2  * H
Cette énergie est variable et comme dit la masse m doit être adaptée

Plus intéressante est la puissance :
P =600 * S * (V-v)^2 * H/t = 600 * S * (V-v)^2 * v
que l’on peut écrire en variables relatives avec a =v/V

P
=600 * S * V^3 *
a * (1 - a ) ^ 2  
La variable
a
  varie de 0 à 1

La dérivée dP/da  s’annule pour  
a =1/3 qui correspond à la puissance max

Soit P = 90 * S * V^3

La puissance max est la suivante toujours pour 1 m2 de surface physique

V  m/s 0.6 1 2  
P   watts 19 90 720  
P hélice  Betz   208 1664  

    On voit l'énorme différence entre l'hélice et la plaque.
Si on admet que le rendement dans le cas de la plaque est égal à 1 , celle ci ne récupère que 18% de l'énergie , contre 60%  pour l'hélice.

LES ROUES PENDANTES


  
On tombe ici dans le cas ancien des roues montées souvent sur bateaux amarrés et qui étaient connues sous le nom de roues pendantes. ou encore roues au fil de l'eau  ; l'avantage des bateaux était d'obtenir une régulation parfaite de l'enfoncement de la roue quelque fut l'état de la rivière .
L'étude de ces roues a un caractère historique , voire nostalgique.

Elles devaient être montées assez haut car les pales ne doivent pas enfoncer trop dans  l’eau.

Ces roues utilisent seulement l'eau de surface sur une faible profondeur (celle des pales) et malheureusement la vitesse en surface est plus faible qu'en profondeur moyenne 
Et les pales dans l’eau ont un effet moteur sauf pour celles qui ne travaillent plus et jouent un rôle inverse .
Ces roues sont de construction très simple , avec souvent des pales droites



                                                                                                                
Cette roue très simple est le type d'une  roue au fil de l'eau                                                                                                         

   De plus la roue va se comporter comme un obstacle ; il y aura inévitablement une petite remontée du niveau amont , et une grande turbulence coté aval, on voit que le problème n'est pas simple à étudier par le calcul.

Cependant cet obstacle va augmenter la vitesse de l'eau autour de lui et c'est ce que l'on recherche.

L 'action de l'eau sur la roue pendante  a une petite ressemblance avec cette action sur la plaque immergée


Mais on fait certainement une erreur très  importante en assimilant la roue à une pale unique 

  ANALYSE ELEMENTAIRE

  Nous commencerons par chercher à comprendre ce qui se passe dans une roue à 4 pales

  Nous supposerons d'abord la roue enfoncée presque jusqu'au moyeu
  Prenons le point gauche comme origine dees angles




CALCULS DES ACTIONS SUR UNE AUBE

Un calcul valable n'est possible que si on se place dans la condition une seule aube active à un un instant quelconque
Les positions de l'aube seront considérées depuis le premier contact avec la surface de l'eau et son passage à la position verticale basse 
Après ce dernier passage , l'aube reçoit encore une certaine poussée que nous négligeons en première approximation.


Une aube formant un angle
a  avec le courant (en fait , il faut considérer la vitesse relative et non la vitesse absolue) reçoit une poussée  Po  et une traînée  Tr avec :

Px=1/2 *r * S * V *V * Cz
Tr =1/2 *
r * S * V *V * Cx

La force totale résultante peut s'écrire
Fa = 1/2 *
r * S * V *V * racine (Cx^2+Cz^2)
La projection de Fa sur une direction perpendiculaire à l'aube donne la force utile Fu
Fu= Fa * cos ( b
a )  avec   b= atn(Cx/Cz)

Connaissant Fu pour toutes les positions nous en déduirons le couple total puis le couple moyen.

Co=(S ( Fu * Rm )) / nbpositions   ,  Rm étant la distance du centre de gravité de l'aube au centre de la roue
A la suite de quoi la puissance s'en déduit facilement :
P= Co * W

W étant la vitesse  angulaire en radians/s

Le calcul ci dessus demande la connaissance de la polaire Cx,Cz pour une plaque sensiblement carrée et pour des angles d'incidence allant de 0 à pi/2 
Ce calcul par la théorie des ailes portantes demande que l'eau traverse la roue 
A suite de
quoi il peut être assez  facilement traité par ordinateur et donner un résultat approché en se limitant à un petit nombre d'aubes .
Le calcul montre que la puissance/m2 augmente avec le nombre d'aubes , mais la puissance effective diminue.
Cette diminution est liée à la diminution de l'enfoncement des aubes.
Il est donc intéressant d'avoir un grand diamètre car la puissance est proportionnelle au diamètre 
Quand à la vitesse de rotation , elle sera telle que la vitesse linéaire de la circonférence soit environ le 1/3 de la vitesses de l'eau , comme pour la plaque .

Pour en savoir un peu plus

Par ailleurs une très ancienne étude datant du 19ème siècle et qui est la seule que j'aie trouvée sur la question  donne des valeurs probablement empiriques ou optimistes.
Voir le texte intégral - malheureusement court - de cette étude , en fin de page

Le tableau ci dessous donne  les résultats de la puissance en watts/m2 d'aube pour notre logiciel et cette ancienne  roue en fonction des données de l'auteur et pour  différentes vitesses du courant.
Noter que dans le texte la puissance parait inévitablement en fonction de l'époque évaluée en kgm/seconde , il faut multiplier par 10 pour avoir des watts.


WATTS V= 0.6 m/s V=1 m/s V=2 m/s V=3 m/s
Calcul logiciel 8 aubes 29 137 1100 3700
Calcul logiciel 16 aubes 38 179 1432 4856
Etude 19ème siècle 23 100 800 2700

   .
Avec un coefficient de vitesse de  0.4 , l'étude ancienne   avait fait une bonne évaluation .

Par ailleurs la puissance y  est proche de la valeur de  celle de  la plaque .
Notre étude est évidemment approximative , mais les valeurs renvoyées sont vraisemblables.

Enfin  nous n'avons pas tenu compte de la largeur de la roue par rapport à celle de la rivière , ni de la profondeur et autres paramètres.

On peut calculer la hauteur fictive de cette "chute" 
Ainsi avec uns section de brassage de 1 m2 et V=1 m/s le débit est de 1 m3/s
La hauteur correspondant à une puissance de 200 w est de 0.20  m
Tout ceci évidemment en valeurs théoriques
Il est évident que la roue perturbe plus ou moins, selon les largeurs relatives ,  l'écoulement de la rivière , au moins sur une certaine longueur.

Une étude sur modèle réduit permettrait certes de démystifier le problème s'il valait la peine d'être étudié  , le calcul théorique rigoureux étant impossible sauf par des calculs hydrodynamiques très complexes .

Extrait du Dictionnaire de l'industrie et des arts industriels  Paris 1887

Roues pendantes.

 Sur le bord des grands  cours d’eau, principalement de ceux dont le
 courant est assez rapide, on emploie depuis longtemps des roues à pales portées sur des
 bateaux,  ou roues pendantes leur diamètre ne dépasse pas  4 à 5 mètres, et leur
 longueur, 2 à 5 mètres. Les  palettes ont de 1/5 à 1/4 du rayon de la roue, et  leur écartement
 sur la circonférence extérieure est  égal à leur hauteur. A leur passage dans le plan vertical, leur
 bord intérieur enfonce dans l’eau de  5 à 20 centimètres; il convient de les incliner sur le rayon,du
 côté amont, sous un angle d’environ 30°
 Si le courant est profond, on pousse  l’ immersion jusqu’à 50 centimètres; mais
on réduit l’inclinaison à 15°
. La vitesse de la circonférence décrite par le centre de gravité des aubes est réglée à 0,4 de la
 vitesse du courant; le travail par seconde peut être évalué à 20 fois le produit de la
surface de l’aube par le cube de la vitesse du courant.

Cependant , d'autres documents plus dignes de foi donnent un coefficient de 10 au lieu de 20.
C'est cette dernière valeurs que j'ai retenue.

 


Il faut encore tenir compte du fait que la partie de l'aube qui est dans le sillage de celle qui la suit doit être déduite de sa hauteur , ceci étant valable surtout pour les aubes qui arrivent à la partie inférieure.
L'examen de la turbulence autour d'une plaque nous a d'ailleurs montré comme les lignes de courant sont perturbées autour de la plaque.
Si les aubes sont inclinées vers l'avant , cet effet peut être presque annulé sauf pour les 2 ou 3 dernières.
Connaissant Fu pour toutes les aubes nous en déduirons le couple total

Co=
S ( Fu * Rm ) Rm étant la distance du centre de gravité de l'aube au centre de la roue
A la suite de quoi la puissance s'en déduit facilement :
P= Co *
W


W étant la vitesse  angulaire en radians/s

ET   DU  NOUVEAU  POUR  CES  ANCIENNES ROUES


Retour page d'accueil